Photos réponses 97-2.

Grive Litorne Turdus pilaris

Dimanche 14 janvier 2018, par Daniel Pareuil // Oiseaux mystère de Daniel

Oui, je crois bien que vous avez raison. Il se pourrait que l’oiseau mystère 97-1 soit une Grive litorne Turdus pilaris.

Bravo pour la perspicacité de Catherine Michels qui a pensé à une bande de Grives, car effectivement, dans ce petit groupe, il y avait quelques Grives mauvis Turdus iliacus.

Bravo également à M.L.Vieille pour son opiniâtreté dans la recherche.

L’oiseau mystère 97-1 est une espèce qui se regroupe en dortoir pour passer la nuit et est présente en France, dans le département du Lot, en hiver.

Il est possible d’estimer la taille de l’oiseau mystère 97-1, celle-ci étant, environ, quatre fois plus importante que celle de la feuille de chêne la plus proche.

Soit la taille d’un passereau moyen plutôt gros.

La taille des passereaux peut se représenter sur une échelle graduée, en prenant comme référence des espèces communes telles que : Mésange bleue Cyanistes caeruleus, Moineau domestique Passer domesticus, Merle noir Turdus merula, Corneille noire Corvus corone. Bien sûr, plus votre connaissance des oiseaux est grande plus vous augmentez le nombre de graduations de l’échelle qui va du Roitelet huppé Regulus regulus au Grand corbeau Corvus corax.

Les couleurs étant difficiles à discerner, il faut rechercher des indices dans la silhouette.

Celle-ci est assez rondouillarde mais sans plus. Si nous devions tenter un dessin, il serait préférable de privilégier pour le corps la forme ovale plutôt que la ronde.

« Rondouillarde », cela rappelle la grande famille des Turdidés.

La longue queue de l’oiseau mystère 97-1 rééquilibre sa silhouette et nous dirige vers les Grives ou les Merles. Si la taille est comparable à celle d’un Merle noir, on élimine les petites Grives (Grives mauvis et musicienne Turdus philomelos et Turdus iliacus)

A noter que l’extrémité de la queue présente une échancrure, d’ailleurs assez prononcée sur cette photo. Ce qui généralement n’est pas le cas chez le Merle noir.

Un dernier élément, et non des moindres, est le cou assez fort de l’oiseau mystère 97-1. Il élimine le Merle noir et la Grive draine Turdus viscivorus qui ont un cou plus élancé.

Le bec pointu, l’absence de moucheture sur le ventre, une lueur d’orangé sur la poitrine de l’oiseau mystère 97-1, confirment la sélection de la Grive Litorne.

L’oiseau mystère 97-1 est une Grive litorne Turdus pilaris.

Dans la recherche, je n’ai pas pris en compte :

- le Merle à plastron Turdus torquatus qui n’est pas présent dans le département du Lot en hiver (il s’élimine, de la même manière que le Merle noir).

- les Grives américaines. Elles sont petites et il est peu probable de les trouver dans le Lot en décembre.

- les Grives asiatiques. Certaines ont une silhouette proche de celle de la Grive litorne. Il est peu probable de les trouver dans le Lot en décembre.

Voyons la réponse en photo.

La Vigne, vergers (Vilaines-sous-Bois) (95), le 22/12/2004, Daniel Pareuil.

J’ai sélectionné cette photo, car la position de cette Grive litorne est proche de celle de l’oiseau mystère 97-1.

L’oiseau n’est pas seul, l’espèce est grégaire. Elle est attirée durant la période hivernale par les fruits des vergers à production intensive. Le prix des pommes sur le marché du gros étant bas, celles-ci n’ont pas été ramassées, pour le bonheur ??? des Grives.

On retrouve la silhouette de l’oiseau mystère 97-1. Le ventre est blanc, le bec pointu et jaune, la queue longue, peu échancrée ici, la tête grise, le tour de l’œil sombre, la poitrine faiblement orangée et mouchetée de brun.

Parking, base nautique (Giffaumont-Champeaubert) (51), le 27/02/2005, Daniel Pareuil.

Sur cette photo, on distingue la pointe noire du bec jaune, les lores noirs, un léger sourcil blanc, Les mouchetures brunes de la poitrine orangée qui encadrent la partie centrale du ventre blanc, l’échancrure de l’extrémité de la queue.

Base de loisirs (Jablines) (77), le 22/02/2005, Daniel Pareuil.

De profil, nous découvrons les autres parties du plumage.

Le manteau, les couvertures alaires sont bruns foncés, les rémiges, les rectrices sont noires et le croupion est gris bleuté.

La femelle peut se distinguer du mâle par un gris plus brun du plumage et des rectrices brun noir. Pas facile à apprécier sur le terrain.

Les juvéniles présentent un gris brunâtre à la tête et au croupion et des pointes blanches en extrémité des grandes couvertures.

Plan d’eau du Tumulus et Prairie Grande (Gramat) (46), le 12/02/2013, Daniel Pareuil.

Cette Grive litorne a les ailes basses, elle est prête à décoller. L’espèce est particulièrement farouche.

L’espèce est grégaire et forme des petites colonies qui se déplacent en fonction de la nourriture.

Je me souviens d’une belle observation, le 22 /12/ 2001, à la Dune Marchand (Zuydcoote) (59), où elles arrivaient de la mer par groupes de vingt à cinquante individus, se ruant sur les baies d’argousier. Le vent était fort. Venaient-elles de traverser le Channel ?

Mais l’hiver, elle peut rassembler un grand nombre d’individus (5000) dans un dortoir souvent situé dans un bosquet d’arbres ou un petit bois isolé dans un milieu ouvert. De ce petit bois peut ressortir un gazouillis en sourdine qui est caractéristique.

La Grive Litorne apprécie les milieux ouverts tels les pâturages, et ne fréquente que les lisières des bois.

Les cris émis en vol sont des « tchac tchac  » ou « Tia Tia », secs.

De l’automne au printemps, l’espèce consomme des baies, des fruits tombés au sol et quelques graines, puis, à la belle saison, des insectes, des araignées, des escargots et des limaces.

Site de Chantecoq, lac du Der (Arrigny) (51), le 06/03/2013, Daniel Pareuil.

La Grive litorne est un grand migrateur. Des individus bagués en Sibérie ont été contrôlés dans l’Est et Sud-Est de la France, soit 6500km parcourus à une vitesse moyenne de 50km/jour.

Son aire de répartition, qui couvre l’Europe centrale, va de la Sibérie à la France. L’espèce n’est pas présente sur le pourtour méditerranéen.

En France, l’espèce, en lente expansion vers l’ouest, est actuellement nicheuse sédentaire dans l’est du pays jusqu’au Massif Central. Les sites de nidification les plus proches du département du Lot sont situés dans le nord du département de l’Aveyron.

En France, son aire d’hivernage couvre pratiquement tout le pays.

Statut :

Sur la liste rouge mondiale, la Grive litorne est classée : LC, c’est à dire : « préoccupation mineure ».

Sur la liste rouge nationale, la Grive litorne est un nicheur et un hivernant classé : LC, c’est à dire : « préoccupation mineure ».

En France, l’espèce est chassable.

Pont de la Souchère (Névache) (05), le 06/06/2016, Daniel Pareuil.

Site de nidification dans les Alpes à environ 1400m. Il est situé en lisière de bois entrecoupés de pâturages avec des zones humides, et près d’une rivière.

Le nid est placé dans une fourche d’arbre. Il est de texture assez grossière constituée d’herbes sèches couvrant une armature en terre gâchée avec des brindilles, des radicelles et de la mousse. L’intérieur du nid est garni de fines herbes sèches.

La nidification commence en avril et mai. La ponte est d’environ 5 œufs.

En période de nidification, la Grive litorne est particulièrement agressive. Elle est connue pour bombarder de ses déjections le prédateur éventuel, en visant si possible la tête. Son état d’excitation est tel qu’il favorise la quantité de fientes émises par rapport à une situation normale.

La Bontat (Gramat) (46).le 02/12/2016, Daniel Pareuil.

Cette dernière photo pour rebondir sur la nourriture en hiver. Ici, c’est un surplus de pommes à maturité avancée, après un coup de gelée, qui a été laissé sur le terrain pour le bonheur… (Pas de traitements chimiques !!!) des Grives litornes et mauvis.

Bonne année 2018 !

A bientôt et avec plaisir.

Répondre à cet article

2 Messages de forum

  • Photos réponses 97-2. 17 janvier 12:07

    Merci Daniel pour ce bel article comme toujours bien argumenté ; je n’aurais pas pu trouver la réponse et je crois bien n’avoir jamais rencontré ce bel oiseau ; je comprends maintenant pourquoi on ne voyait pas les couleurs car bien qu’inconnue cette grive si caractéristique et aidé du guide c’eût été bien plus facile. jjL

    Répondre à ce message

    • Photos réponses 97-2. 20 janvier 20:52

      Cet oiseau mystère était particulièrement difficile pour ceux qui n’avaient jamais observé l’espèce auparavant.
      L’observation régulière est importante et permet d’acquérir le "jizz". Ainsi, dans de mauvaises conditions, il est possible d’identifier mais bien sûr, aussi, de se tromper.
      Merci de ton message, à bientôt et amitiés. Daniel.

      Répondre à ce message