Photos réponses 90-2.

Merle à plastron Turdus torquatus

Jeudi 4 mai 2017, par Daniel Pareuil // Oiseaux mystère de Daniel

Bravo à Catherine Michels pour l’étude détaillée de la photo, de mauvaise qualité, de l’oiseau mystère 90-1.

Cette photo avait un intérêt par le fait que le plastron de l’oiseau était peu visible et donnait du piment à la recherche.

L’oiseau noir au bec jaune, de taille moyenne, nous oriente immédiatement vers le mâle de Merle noir Turdus merula… Et si l’oiseau possède sur la poitrine un magnifique plastron blanc en forme de croissant, vous y êtes ! Vous avez affaire à un Merle à plastron Turdus torquatus.

Un autre élément, là, bien visible sur cette photo de l’oiseau mystère 90-1, à savoir la série d’étroits liserés blancs sur l’aile repliée, permet également de lever le doute avec un mâle de Merle noir.

Par ailleurs, le bec d’un mâle de Merle noir est entièrement jaune orangé en période nuptiale. Chez le Merle à plastron, le bec est jaune avec une extrémité noire, pas toujours très visible, il est vrai.

A noter également que l’oiseau mystère 90-1 ne possède pas l’étroit cercle oculaire jaune d’un mâle de Merle noir, qui serait bien visible à cette période de l’année (printemps, reproduction, plumage nuptial).

Voilà quelques éléments d’identification.

L’oiseau mystère 90-1 est un Merle à plastron Turdus torquatus.

Le voici, plus à découvert.

Lac de Magès (Rocamadour) (46), le 19/04/2017, Daniel Pareuil.

Le croissant presque blanc pur, le bec jaune, suggèrent un mâle adulte en plumage nuptial.

En plumage inter-nuptial, le bec du mâle est brun avec une base jaune.

La femelle possède un croissant plus petit, blanc taché de brun.

Le plastron est peu apparent chez le juvénile, dont l’ensemble du plumage est brun foncé taché de roux et de blanc.

Les liserés blancs apparaissant sur l’aile repliée sont un critère valable en tout plumage. Ils sont d’ailleurs très utiles pour l’observation de l’espèce en vol, lui conférant des ailes plus claires (blanc gris) et permettant de la différencier du Merle noir.

Lac de Magès (Rocamadour) (46), le 19/04/2017, Daniel Pareuil.

Il existe 3 sous-espèces :

- Turdus torquatus torquatus, niche dans les îles Britanniques et en Scandinavie. En France, cette sous-espèce a niché dans les monts d’Arrée en Bretagne, et elle est visible parfois lors d’une halte migratoire sur tout le territoire.

- Turdus torquatus alpestris, niche dans les montagnes européennes. En France, nous la trouvons dans les Alpes, les Pyrénées, le Jura, les Vosges et le Massif central. Elle est visible également en halte migratoire sur tout le territoire.

- Turdus torquatus amicorum, niche en Turquie, dans le Caucase et dans le nord de l’Iran.

Au vu des liserés bordant les plumes de couvertures de la poitrine et du ventre, l’oiseau de la photo ci-dessus appartient à la sous-espèce Turdus torquatus alpestris.

Notez également, sur cette photo, la rectrice médiane blanche, typique de cette sous-espèce.

Chemin entre Ty Roz et D785 Roc’h Trévézel (Commana) (29), le 16/10/2012, Daniel Pareuil.

Sur cette photo, on peut voir une femelle à gauche et un mâle à droite et de dos.

Nous sommes dans les monts d’Arrée en Bretagne. Il est possible que nous ayons affaire à la sous-espèce Turdus torquatus torquatus. Mais l’espèce étant particulièrement farouche, la photo est prise, malheureusement, de trop loin pour que soient visibles les liserés blancs des plumes de couverture du ventre et de la poitrine.

En dehors des sous-espèces plus délicates à identifier, le Merle à plastron a peu de chance d’être confondu avec une autre espèce. Néanmoins, un mâle de Merle noir atteint de leucisme pourrait prêter à confusion. Le leucisme est une défaillance de la pigmentation du plumage de l’oiseau. Des parties du plumage de l’oiseau deviennent blanches, au lieu d’être noires. Un fort concours de circonstance pourrait faire apparaitre une bande pectorale blanche, en forme de croissant, sur la poitrine d’un mâle de Merle noir ! Seule la combinaison des autres critères, couleurs du bec et de son extrémité, absence ou présence d’un cercle oculaire jaune et de liserés blancs sur l’aile repliée, pourrait permettre l’identification de l’oiseau. Cas peu probable à mon humble avis.

Chemin au sud-est de Canjun (Gramat) (46), le 11/04/2010, Daniel Pareuil.

Encore une observation lotoise d’un mâle de Merle à plastron Turdus torquatus alpestris, dans la même période (11 et 19 avril), en halte migratoire. Le Cantal n’est plus très loin !

En France, l’espèce est protégée, et classée comme : nicheur et migrateur peu commun, hivernant rare. Actuellement, elle serait en légère diminution.

Sur la photo ci-dessus, on peut apprécier l’iris brun et l’extrémité noire du bec de ce Merle à plastron.

Lac de Magès (Rocamadour) (46), le 19/04/2017, Daniel Pareuil.

L’oiseau est en recherche de nourriture. Il semble écouter attentivement et détendra brusquement son cou pour capturer un ver de terre ou un insecte. Il procède comme le Merle noir, et avance par pauses successives d’écoute et d’observation.

A l’automne, l’espèce consomme des baies et des fruits sauvages.

Les cris et le chant ressemblent à celui du Merle noir. Mais les cris sont plus durs et le chant est bien moins mélodieux que celui de son cousin.

Réserve naturelle de Néouvielle (Vieille-Aure) (65), le 28/06/2004, Daniel Pareuil.

Nous sommes sur un site de nidification du Merle à plastron dans les Pyrénées.

Ici, un mâle de la sous-espèce Turdus torquatus alpestris dans un pin à crochets.

Pas facile à détecter. Le merle à plastron apprécie les habitats rudes de la montagne, souvent en zone de combat, c’est-à-dire en limite d’une pelouse et d’une forêt de pins.

Le nid, fait de torchis et d’herbes sèches, est construit dans des pins ou des anfractuosités de rochers. En moyenne, 3 à 4 œufs sont pondus.

En septembre et au plus tard en octobre, l’espèce part en migration post-nuptiale pour hiverner en Afrique du Nord (Atlas saharien).

En migration, il est possible de contacter, dans les endroits les plus inattendus, l’une des deux sous-espèces Turdus torquatus torquatus ou Turdus torquatus alpestris. En plus des lieux où j’ai photographié l’espèce, j’ai pu l’observer au parc de la Courneuve, près de Paris (93) et au Nez de Jobourg, Cotentin (14).

Chemin au sud-est de Canjun (Gramat) (46), le 11/04/2010, Daniel Pareuil.

Le reconnaissez-vous ?

Il y a encore un petit bout de croissant blanc qui apparait !

A bientôt et avec plaisir.

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