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Photos réponse 27-2
samedi 5 juin 2010, par Daniel Pareuil
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Effectivement notre oiseau mystère n’avait pas toutes ses plumes. Néanmoins ce juvénile non volant possède déjà quelques traits caractéristiques de son espèce.

Sa taille par rapport à la végétation environnante laisse présager qu’il s’agit d’un petit passereau.

Dans le plumage, deux couleurs principales dominent : le brun pour la partie supérieure et le blanc pour l’inférieure.

La queue semble longue, malgré qu’il s’agisse d’un juvénile et elle comprend des plumes blanches, les rectrices externes.

Il y a quelque chose qui est bien particulier : ce sont les deux côtés de la tête de couleur brun sombre encadrant une bande blanche au sommet de celle-ci.

Du moins pour la sous-espèce rencontrée dans notre région et pays.

Tout cela est conforté par le cercle orbitaire rose.

Et puis il y a le « jizz ».

L’oiseau mystère 27-1 est un juvénile non volant de Mésange à longue queue Aegithalos caudatus europaeus.

Les commissures jaunes du bec, la grande quantité de duvet, les deux marques faciales larges et brun noirâtre, entourant l’œil sont les indices du juvénile.

Chemin vers l’étang Miclos (Brenne) (St-Michel-en-Brenne) (36), le 10/05/2010, Daniel Pareuil.

L’absence de plumes nous permet de voir une patte de manière inhabituelle. Nous voyons le tarse et le tibia. Les oiseaux s’appuient sur leurs doigts (orteils) pour marcher.

Cette mésange, n’appartient pas à la famille des Paridés mais à celle des Aegithalidés dont elle est la seule représentante dans le Paléarctique occidental*.

Il existe 15 sous-espèces dont Aegithalos caudatus caudatus qui vit dans le Nord de l’Europe et qui n’a pas de marques faciales de couleur brun sombre, sa tête est toute blanche.

Le Guide encyclopédique des oiseaux du paléarctique occidental de Mark Beaman et Steve Madge mentionne que « de rares oiseaux d’Europe de l’Ouest peuvent aussi présenter une tête blanche ».

Cela peut devenir très compliqué !

Un individu parmi un groupe de 6 au lac réservoir (Puydarieux)(65), le 07/02/2008, Muriel Dubray.

Je remercie Muriel qui est venue à mon secours pour cette très belle photo d’adulte.

Mais essayons de découvrir l’adulte. C’est une petite boule de plumes munie d’une longue queue, qui dans son ensemble est un peu plus coloré que son juvénile. Son agilité à se déplacer lors des recherches de nourriture nous enthousiasme toujours, surtout que l’espèce n’est pas farouche.

Hors la période de nidification, nous la voyons souvent en groupe.

L’espèce a la réputation d’être très sociable et grégaire.

L’hiver des petits groupes se rassemblent en dortoir et tous les individus se serrent les uns contre les autres pour éviter les déperditions thermiques.

D’autres adultes aident les parents à nourrir les jeunes.

Le nid, surtout à ne pas rechercher, est un véritable chef d’œuvre. De forme ovoïde allongée, il est constitué de mousse et lichens liés par des fibres végétales, des fils d’araignées, des crins et son intérieur est garni d’une grande quantité de plumes. Il en aurait été compté 2000 et plus. Ces plumes peuvent provenir de basse-cour proche, de plumées d’Epervier d’Europe….

C’est une chance que de voir un couple transporter une grosse plume blanche qui dépasse l’oiseau en taille, l’un portant la plume l’autre assurant la surveillance.

Ce nid de construction exceptionnelle et qui disparaît à l’œil par son homochromie avec le paysage environnant est malgré tout fragile.

Les allées et venues qu’il nécessite pour sa construction le fait repérer facilement par les prédateurs, mais il y a aussi les intempéries qui le détruisent.

Le pourcentage de perte de couvées et nichées, dans différents pays européens va de 52 à 95% !

L’espèce se nourrit principalement de petits insectes, un peu de lichens et de petites baies et parfois de petits escargots.

J’ai pu les observer l’hiver, de très près, sur un bord de fenêtre où il y avait de la graisse à leur attention et de l’autre côté de la vitre, il y avait un chat tout tranquille qui ne les gênait nullement.

Par contre actuellement, dans le département du Lot, je les vois se déplacer, mais elles ne s’arrêtent pas à la mangeoire.

Elle n’est pas rare, mais n’est pas très abondante dans notre département. Il faut la rechercher dans les zones de végétation arbustive ou se trouver à l’automne ou en hiver sur le passage d’une « ronde de mésanges* ».

Je voudrais revenir sur le cas des jeunes oiseaux sortis du nid trop tôt, que j’évoquais dans la Photo de l’oiseau mystère 27-1.

La L.P.O. donne d’ailleurs des conseils très appropriés à ce sujet sur son site.

Le juvénile non volant au sol, continuera à être nourri et surveillé par ses parents, il faut le laisser tranquille et ne pas le toucher. Cas d’exception si il y a une menace directe pour lui (tel un chat), il faut alors le poser en hauteur, en un lieu accessible aux parents et hors de portée du prédateur.

Il y a le cas des petits de rapaces nocturnes qui sortent naturellement du lieu de nidification, comme cette petite Chouette hulotte Strix aluco.

Clayrac (Bio) (46) le 23/04/2006, Daniel Pareuil.

Même conseil ou consigne, et en plus les parents peuvent être agressifs !

Ils ne sont pas « méchants » pour cela ! Vous le savez bien je pense.

Il y a aussi des précautions à prendre lors de la manipulation des oiseaux, pour les oiseaux eux-mêmes et pour nous !

N’hésitez- pas à compléter cet article ou me poser des questions, via les commentaires, j’en serai ravi.

A bientôt et avec plaisir.

Paléarctique occidental* : zone comprenant l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Ce partage est basé sur la formation et séparation des continents.

ronde de mésanges* : Les Mésanges à longue queue Aegithalos caudatus europaeus, charbonnière Parus major, bleue Parus caeruleus, boréale Parus montanus, huppée Parus cristatus, noire Parus ater, roitelet huppé Regulus regulus, grimpereau des jardins et des bois Certhia brachydactyla et familiaris, Pic épeichette Dendrocopos minor forment ( suivant les régions)un groupe d’oiseaux qui se déplace d’arbre en arbre à la recherche de nourriture. A plusieurs, c’est plus efficace.

Attention, certain noms scientifiques de Paridés risquent de changer, évolution de la classification.

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