La thése de Francois Chiron : Dynamiques spatiale et démographique de la pie bavarde en France
La Pie : de nouvelles études scientifiques . Février 2007
Conclusions : Morceaux choisis.
lundi 22 juin 2009, par Jean Pierre Jacob
Inédit : une utilisation des données de deux réseaux : le réseau des ornithologues et le réseau des piégeurs.
Vers le forum attaché Version imprimable de cet article Version imprimable Crear un PDF Enregistrer en PDF  Envoyer par email

J’ai choisi quelques citations de la conclusion de la thése, à l’intention des membres de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune sauvage pour la séance du 26 Juin 2009.

Premier message :

"

La pie est de plus en plus adaptée aux habitats urbains ce qui en fait une espèce de plus en plus proche de l’homme.

Ce contraste s’explique donc par la colonisation et le maintien des populations dans les habitats urbains simultanément au déclin et à sa disparition locale de la campagne.

L’évolution de ses populations en France, et probablement dans d’autres pays européens (Jersak 2001), conduit celle-ci à devenir une espèce habitat-spécialiste des villes

Second message :

Le second message concerne l’impact de ce prédateur opportuniste sur les populations et les communautés d’oiseaux.

Selon l’avis général (supporté autant par les naturalistes que les piégeurs), la pie est une espèce qui régule excessivement les populations d’oiseaux. Mythe ou réalité ? Il est évident que la pie prédate les nids d’oiseaux de passereaux et d’oiseaux d’eau (avec la corneille), aux stades œuf et poussin.

En ville

En ville, le ‘problème’ associé à cette prédation a certainement 2 composantes.

1) La première est une part émotionnelle liée à la vision de la prédation.

D’une manière générale, les citadins aiment voir et observer la nature à proximité de chez eux, de même qu’ils se sentent concernés par la défense du bien-être animal. En ville, cette prédation serait d’autant moins acceptée qu’elle se produit dans des espaces familiers (e.g. jardins, parcs), dans lequel tout risque pour la nature doit être éliminé

(à relier au syndrome ‘

not in-my-backyard

décrit par Loker & Decker 1998).

2) La seconde composante est de savoir si la pie pose un problème pour le nombre d’espèces et les effectifs d’oiseaux.

Nous avons montré que la prédation n’est pas une force écologique déterminante pour le devenir des populations, même sensibles à la prédation. A court terme, elle ne serait pas non plus une force évolutive des communautés d’oiseaux (en terme de richesse et de composition d’espèces).

A la campagne

A la campagne, la régulation par le piégeage se justifierait pour certains par la forte prédation de la pie sur les espèces gibiers (perdrix, faisans, canards…).

La pie,comme tous les autres prédateurs, serait ainsi une compétitrice pour le chasseur. Pour cette raison, la régulation est jugée nécessaire par les chasseurs pour accroître les effectifs d’espèces à l’automne.

Les analyses portant sur le régime alimentaire démontrent pourtant la faible part de vertébrés dans l’alimentation de la pie (Tatner 1983, Balança 1984b).

Elle ne serait donc pas un risque pour l’avifaune sauvage.

C’est le second message de la thèse.

Qu’est ce qui justifie alors son classement parmi les espèces nuisibles ?

Les autres raisons, mineures, de son classement sont liées aux risques sur les cultures (maraichères et fruitières) et les élevages (Clergeau 1997,Boutinot 2001). Dans la littérature scientifique, aucun élément ne permet pourtant d’en estimer l’impact.

Cela pourrait démontrer que ces dégâts, s’ils existent, sont locaux et ne justifient pas la régulation des populations de pies dans la quasi-totalité des départements.

1 Message
  • > > La Pie : de nouvelles études scientifiques . Février 2007 / 27 juin 2009 18:58 / par Marc ESSLINGER
    Merci beaucoup Jean-Pierre pour toutes ces recherches fructueuses et ces conclusions qui, une fois de plus, devraient nous appeler à un peu plus de bon sens !

    Répondre à ce message

Rubriques
+ artícles de...